samedi 16 août 2014

Nouvelles du front / Nieuws uit het front



Nouvelles du front (et du reste du corps)

Ce sera un peu décousu comme texte, j’ai un peu de mal de ranger mes idées !

Ce lundi 11 août, cela fait 35 ans que nous nous sommes rencontrés Madicte et moi ! Je ne pensais pas fêter cela ainsi… Quel chemin parcouru…
Ces dernières semaines, le parcours a été assez … surprenant. Ce qui nous arrive est l’occasion d’appliquer de manière concrète tout l’optimisme, la confiance, la sérénité que nous prônions quand tout allait bien. Ce qui nous unit renforce notre confiance.
Comme le disaient les philosophes Tassin, Pithiviers et Chaudard dans les années ’70 (je cite de mémoire) :  « Chaque jour est à vivre dans l’instant, même s’il nous rapproche du lendemain ; à nous de rendre l’approche heureuse, facile, en retenant le positif de la journée, en ne qualifiant pas de « négatives » les expériences qui nous ont mis en colère, qui nous ont fait pleurer, qui nous ont poussés à exprimer des paroles disproportionnées, qui nous ont poussés à agir (ou à ne pas agir) de manière blessante pour les autres ou pour nous-mêmes. Nous avons tous en nous ce que les croyants appellent une âme, les agnostiques « une force », qui peut nous mener à nous dépasser en choisissant d’appliquer cela».
Parmi les appuis qui donnent de l’eau à mon moulin, j’ai envie aujourd’hui de vous parler de l’équipe qui s’occupe de moi (infirmières, kinés, ergos, psy, assistante sociale, médecins, chauffeurs de navettes). Ma collègue Souha à qui je racontais l’extraordinaire disponibilité des infirmières m’a donné une belle comparaison : je suis comme Aladin, j’exprime un souhait et il est exhaussé ! Et encore ! Parfois avant que le souhait ne soit clair en moi, nos blouses blanches ont déjà mis des mots dessus. Lors de ma toilette, j’étais couché sur le côté droit tout en papotant avec mes deux infirmières du moment. Je leur confiais combien ce serait difficile de ne pas voir Madicte pendant quelques jours au moment de son opération; moins d’une demi-heure plus tard, elles revenaient en me disant que tout était arrangé pour que je puisse rendre visite à Madicte (alors que la date de son opération n’était pas encore fixée) : contact pris avec le service qui allait accueillir Madicte, place réservée dans la navette entre les hopitaux, etc… Deux jours plus tard, une infirmière vient s’accroupir près de mon lit, ma demandant si je comptais offrir quelque chose à Madicte (parfum, fleurs, lecture,…) lors de ma visite. Je lui ai confié mes limites en matière d’achats, pensant trouver un fleuriste à l’entrée du Gasthuisberg. Elle m’a pris l’avant bras, ma disant que je n’avais qu’à lui donner un budget et quelles couleurs je souhaitais. Et avant de rejoindre ma douce, quelques jours plus tard, elle m’apportait « le » bouquet !!! Les kinés et les ergos se sont concertées pour me fournir une chaise électrique pour mon déplacement. Puis se sont débrouillées pour que je garde cette chaise tant que je ne peux pas me servir de mes mains. Ceci n’est vraiment qu’une toute petite partie de ce que je vis ici ! Chaque personne met à notre service ses compétences, ses qualités. Et quand je remercie tous ces anges gardiens, j’ai invariablement la même réponse : « We doen ons best, we doen juist onze job. » Il ne se passe pas une heure sans que je remercie quelqu’un. C’est tellement important de manifester sa reconnaissance. Je m’attriste de ne pas encore connaître tous leurs prénoms !
Autre chose que j’ai envie de vous partager : nous vivons ici comme dans un internat. Nous partageons certains « cours », certains « profs ». Le vendredi l’internat se vide ; quelques-uns restent sur place pour le WE. On fait connaissance lors d’une séance de kiné, ou lors d’une sortie à l’ombre des arbres. Des liens se nouent (parfois pas…) ; ce qui me frappe, c’est à quel point chacun est à l’écoute de l’autre… On n’a pas envie de raconter son histoire. On écoute d’abord. Et TOUS nous sommes sans voix quand nous voyons dans la salle de kiné ce petit garçon qui, à mon avis, n’a pas trois ans. Il n’a plus de pieds. Il passe dans sa chaise roulante près de chaque personne quand il a fini sa séance pour nous faire un signe de la main. Nous ne nous sentons pas petits à côté de lui : nous sommes boostés, portés de l’avant. Dans cette salle de kiné, on voit tant de souffrances, mais surtout tant d’énergie, de patience, de courage. Je ne vous le souhaite pas, mais il faut le vivre pour le comprendre avec ses tripes.
A côté de notre petite communauté, il y a tout ce que je reçois de chacun (e) de vous. Chaque jour m’apporte son lot de mails, de sms, de réactions sur le blog, sur Facebook, les courriers postaux (si si, ça existe encore !), les coups de fil (souvent ratés : je n’ai aucune dextérité pour attraper mon gsm quand il sonne !!!). Une seule fois, j’ai comptabilisé tous ces messages sur une journée ; je garde le nombre pour moi, tant il est impressionnant. Mon retard à essayer de répondre à chacun augmente de jour en jour (voyez Gaston Lagaffe et son courrier en retard). Pouvez-vous vous imaginer l’importance de vos messages, de vos prières ? Madicte, moi et les enfants sommes portés par vous tous, par vous toutes ! Je puise mon courage dans ce que nous vivons Madicte et moi, mais il est clair qu’avec vous, cela met du vent dans les voiles !!!
Nous recevons régulièrement des messages du genre « Vous nous donnez tellement, vous ne vous rendez pas compte de ce que vous partagez, de ce que vous êtes, de ce que vous rayonnez… » (et j’en passe). Peut-être sommes-nous portés par une grâce ? Peut-être sommes-nous confiants ? Je ne sais pas exactement (je cherche à mettre les mots justes, mais je n’y suis pas encore arrivé), mais retenez surtout que nous accueillons toutes ces phrases avec humilité. C’est aussi une expérience de Vie que de passer par là ! Ces derniers temps les expériences se sont succédé assez rapidement. Je vois certains aspects de la Vie différemment, de manière bien simplifiée. Dans tous les domaines : la Foi, les relations, la patience, la réconciliation, … (La Vie est bien plus simple que ce que nous en faisons ; comme disait le sage Miych Demof : « Je crois que le plus compliqué, c’est de ne pas compliquer la Vie. ») Si certains d’entre vous puisent dans ce que nous partageons de quoi aller plus loin, qu’ils se servent abondamment, et qu’ils en fassent profiter leur entourage. Nous ne faisons que vous dire, vous partager notre vécu. Il n’est pas facile, mais ce chemin est vécu dans la Confiance, dans la joie de vivre. A cette période de notre Vie, le terreau était favorable pour y planter de tels évènements. Nous ne savons pas ce que donnera la récolte, mais j’y pressens du très bon !
Merci pour les visites ! Continuez ! Elles me font tant de bien ! J’adapte juste le rythme à mes facilités et à mes besoins. J’ai découvert qu’il me faut du temps pour moi, qu’il nous faut du temps à deux ou avec les enfants. C’est pourquoi nous organisons deux visites par jour ; ce qui nous permet d’en jouir sans restrictions ! Le temps d’attente est peut-être plus long (pour les visiteurs comme pour les visités !!!), mais la qualité est là à chaque fois ! Je me garde le samedi pour moi (lecture, méditation, sieste, visite de Madicte qui reste parfois dormir, …). Mais n’oubliez pas : je vous attends, vos visites sont très importantes !!! N’ayez pas peur d’arriver les mains vides ; ou en ayant demandé ce qui pourrait faire plaisir (parfois il y a quelque chose qui trotte dans ma tête et que j’aimerais avoir). Votre présence est le cadeau !!!

Soyez heureux,
Saint Pierre-la-Chance

Lieve vrienden, weet dat ik het niet vertik om de teksten te vertalen, maar ik ben voor het ogenblik nog te moe om lang achter de pc te zitten.  Ik hoop dat ik mijn schade later zal kunnen inhalen.  Bedankt voor jullie begrip.  Bénédicte

samedi 9 août 2014

Flash-back



Ces 15 derniers jours ont été très riches en émotions diverses et j'ai envie de vous partager un peu de notre vécu.

28-07-2014
Pierre est très content de se trouver ici à Pellenberg, le personnel soignant est vraiment formidable et très efficace.  Depuis longtemps il se plaignait de douleurs au poignet gauche qui devenaient plus récurrentes.  Ici, il a fallu moins de deux heures entre le moment où il en a parlé aux infirmières et le moment du diagnostic pour apprendre que ce poignet souffrait aussi de poly-fractures, heureusement sans déplacement.  Il avait donc fait toutes sortes d'exercices et d'efforts depuis des semaines avec un poignet fracturé...  Cela s'est passé le vendredi avant le long week-end du 21 juillet.  Il était trop tard pour l'immobiliser, mais interdiction lui était faite de s'en servir.  On a même retiré le perroquet de son perchoir afin qu'il ne s'aide pas avec cette main pour pouvoir changer de position dans son lit.
Après le week-end on lui a mis une attelle plutôt qu'un plâtre et nous étions bien soulagés par cette solution. 

Mercredi 23/07, c'était le bonheur, Pierre tenait enfin dans une chaise roulante et on a pu le sortir et lui faire profiter du bon air de la montagne brabançonne flamande.  On se trouve ici sur le site le plus élevé de la région, comme Pierre l'a dit dans son interview, :"On se trouve sur la montagne des pelles" .  Je crois qu'il a sucé cette traduction de son pouce, mais on la prendra comme une liberté littéraire... Mercredi, je vais chez mon médecin de famille, car je m'inquiète d'un point dur dans mon sein gauche.  C'est pas le moment d'avoir des pépins, encore moins des noyaux, je dois être près de Pierre, le soutenir, remplacer actuellement ses mains et ses jambes.  Mon toubib fait le même constat, prend la chose au sérieux et s'arrange pour que je puisse déjà faire des examens à l'hôpital le lendemain. Comme Pierre doit subir une opération au poignet droit vendredi, j'attends de lui raconter ce qui se passe.

Jeudi 24/07, Pierre reçoit une visite exceptionnelle et inattendue: le caporal Olivier Poupier ayant fait le service de nuit à Beauvechain ne rentre pas tout de suite chez lui, il fait le détour à Pellenberg.
Il attend très patiemment que les soins du matin soient terminés pour rentrer dans sa chambre.  Pierre voit un uniforme en treillis, croit que c'est notre fiston qui lui fait une surprise, mais non, ce n'est pas lui, il arrive à lire sa nominette, l'émotion le prend à la gorge, il a devant lui le gars qui lui a sauvé la vie.  Il apprend des détails sur ce qui s'est passé une fois que l'accident s'est produit.  Olivier était bien cet ange, ce samaritain envoyé du ciel de Beauvechain: lorsque le caporal s'est précipité vers lui, Pierre ne respirait plus et il n'avait plus de pouls.  Spécialiste en secourisme, le caporal a dû le réanimer à trois reprises et a pu ainsi le maintenir en vie sans qu'il n'ait de séquelles cérébrales.  C’est lui aussi qui avec le matériel des pompiers de la base (qui étaient là dans les 3 minutes) a découpé sa tenue de motard et a veillé à retirer son casque et ses bottes selon les prescriptions de sécurité. Il a pu ainsi faire un premier check-up et donner des informations précieuses aux services de secours. Il lui a tenu la main tout le temps, Pierre ne voulait plus la lâcher, à tel point qu’à un certain moment il a fait appel à un collègue et lui a confié la main de Pierre, car lui devait s’éloigner un moment. Comme les deux militaires étaient habillés comme des jumeaux il n'y a vu que du feu...  Rien qu'en écrivant ces lignes, j'ai les yeux qui ouvrent leur robinet.   Je n'ose pas imaginer ce que Pierre serait devenu si Olivier Poupier, lui aussi motard, mais secouriste aguerri n'avait pas été là.  Je ne pourrai jamais lui dire assez merci de m'avoir protégé et sauvé l'homme que je chéris le plus au monde.  
Ça fait drôle de penser que la vie de Pierre s'est jouée en quelques secondes entre les mains de deux militaires. Le conducteur responsable de l'accident est un caporal de Beauvechain  ainsi qu'Oliver,  son sauveur.  Nous n'avons eu aucun contact avec le premier, nous ne savons pas comment il vit sa responsabilité par rapport au bouleversement de nos vies.  Il a dû bien voir à quel point Pierre était grièvement blessé, ça ne doit pas être facile de porter ce fardeau. Un moment de distraction, de manque de patience peut créer des drames.  N'oublions jamais cela quand nous sommes au volant!

Pendant que Pierre vit cette rencontre intensément, je passe des examens médicaux, soutenue par la présence de notre amie Manuela dans la salle d'attente. L'écran de l'échographie me renvoie clairement l'image d'une petite boule insidieuse. Mes intuitions ne m'avaient pas trompée. Avec énormément de tact et de gentillesse le médecin m'annonce la nécessité de faire une ponction afin de procéder à une biopsie. A partir de ce moment tout va se précipiter. Vendredi soir notre médecin de famille me convoque samedi sur le temps de midi pour parler des résultats et des examens complémentaires à effectuer. Je me doute bien que s'il y a des examens complémentaires à faire, c'est que les nouvelles ne sont pas excellentes.  Pierre est encore un peu dans le gaz de l'anesthésie, vendredi soir, mais je ne peux plus faire de la rétention d'information. Il apprend donc mon souci de santé, mais j'insiste sur le fait que j'ai réagi vite et que si jamais la biopsie révèle un tissu malsain, il est clair que la médecine m'offrira les moyens de guérir, j'ai pas l'intention de le plaquer, non mais quoi, on s'est promis de mourir ensemble, mais on préfère surtout vivre ensemble, c'est plus marrant... 

Le sort semble s'acharner sur notre famille, mais nous n'allons pas nous laisser abattre.  On n'a pas le choix, il faut avancer, c'est encore un autre combat que nous devons mener.  Je suis surtout soulagée d'avoir réagi de façon proactive, sans jouer à l'autruche. Je suis très reconnaissante envers notre médecin de famille qui a pris la situation à cœur et en main afin de ne pas perdre de temps et de ne pas nous laisser longtemps dans l'incertitude. Grâce à elle, les examens médicaux complémentaires se succèdent et je peux déjà aller en consultation chez le spécialiste à l'hôpital universitaire de Leuven, Gasthuisberg jeudi matin (31/07). Il y aura certainement une intervention chirurgicale, mais il faut connaître les résultats des examens complémentaires pour mieux cerner l'ensemble des traitements qui devront avoir lieu. Je me sens plutôt optimiste, j'ai du mal à m'imaginer que je devrai subir des traitements lourds. On verra bien, il faut faire avancer le schmilblick, c'est le principal.

Suite de l'histoire vue à postériori (09/08/2014)
Alors que je m'imaginais passer une heure ou deux à Gasthuisberg pour la précision du diagnostic, nous y sommes restées, Emilie et moi de 9:15 à 16:00.  Les entrevues et examens se sont succédé.  Les nouvelles étaient moins rassurantes: la tumeur était plus grande, le type de cancer plus agressif, il fallait passer à une ablation totale du sein et envisager certainement une chimio préventive par après. L'ablation des ganglions lymphatiques se déciderait au cours de l'opération. Tous les intervenants étaient très humains, corrects, clairs dans leurs explication.  Je me sentais prise en charge par une équipe compétente et professionnelle.  C'était lourd à porter, heureusement qu'Emilie était là, présence douce, tendre et aimante pour m'aider à assumer et à aller de l'avant.  Quand nous sommes arrivés à Pellenberg, Pierre était entouré de visiteurs, c'était pas le moment de lui confier les mauvaises nouvelles.  C'était pas évident de devoir attendre un moment plus calme pour se retrouver enfin dans notre intimité familiale.
Ce n'est pas toujours facile de trouver une bonne gestion des visites.  Autant elles font du bien à Pierre et aux visiteurs, autant elles sont parfois fatigantes et envahissantes.  Pour nous, les plus proches, on se sent parfois frustrés, car les temps d'intimité se réduisent quelque fois à une peau de chagrin.
Voilà huit semaines que nous avons été arrachés l'un de l'autre. Notre quotidien ne ressemble plus en rien à ce qu'il était. Tous les gestes les plus simples qui pour nous faisaient partie de l'évidence de notre vie commune sont suspendus: se réveiller dans le même lit, se sourire, se dire :"tu as bien dormi? " s'embrasser, se blottir dans les bras de l'autre et prendre le temps de prendre le temps, se raconter ce qu'on a vécu la journée, penser en même temps à la même chose et se mettre à rire de notre complicité. Grimper sur notre tandem et parcourir les chemins en bavardant, profiter de notre abri côtier à Coxyde et s'émerveiller de la beauté changeante de la vue sur la mer, prendre un bain ensemble après avoir marché le long de la mer et profité de l'air bienfaisant...
J'ai la chance de pouvoir écrire que tout cela est suspendu et non pas révolu... Je pense à tous ces amoureux que la mort sépare inexorablement. Comme disait Jacques Brel c'est celui qui reste qui se retrouve en enfer. Nous voilà donc tous les deux dans le purgatoire pour quelque temps, mais nous avons bien l'intention de remonter au paradis, si nécessaire on se fera pousser des ailes pour y arriver. 
Heureusement, il y a le téléphone qui nous permet les échanges plus intimes de face à face. (On vient de découvrir le dernier soir qu'il y avait moyen de se téléphoner gratuitement par les lignes internes de l'UZ Leuven...)
Heureusement il y a moyen de loger le week-end à Pellenberg. Je l'ai déjà fait deux fois.  Les nuits sont entrecoupées, car on vient tourner Pierre dans son lit pour éviter les esquarres, mais je suis près de lui, je peux lui parler, le toucher, être ensemble dans la même bulle. Etre seule avec lui plusieurs heures d'affilée, quelle luxe!!!

A l'heure où j'écris, ma filleule Virginie va bientôt recevoir le bouquet de son bien-aimé Mathieu.  Il y a du soleil ici à Gasthuisberg, j'espère qu'il restera de la partie pour illuminer leur mariage. 
Sur l'appui de fenêtre de ma chambre d'hôpital trône le joli bouquet que mon tendre époux m'a apporté jeudi dans son cuistax de luxe électrique.  Nos alliances, nous nous les sommes échangées il y a plus de 32 ans. Et chaque jour on se remarierait bien ensemble, on se glisserait bien à nouveau l'alliance au doigt pour le meilleur et le pire. C'est peut-être le pire ce que nous vivons pour le moment, mais cela n'a pas le pouvoir de diminuer notre amour, au contraire.
Après l'accident j'ai retrouvé l'alliance de Pierre intacte, soigneusement glissée dans son porte-documents par les urgentistes. Vu les blessures à sa main droite, il ne peut la mettre, actuellement je la garde à la maison. Avant de partir pour l'hôpital mardi, j'ai déposé la mienne au creux de la sienne dans notre pièce de Reiki.  Elles attendent toutes deux notre retour de nos expéditions montagnardes hospitalières.
Comme l'évolution de mon état de santé est favorable, et que je ne dois pas subir d'ablation des ganglions, j'ai obtenu de pouvoir quitter l'hôpital demain plutôt que lundi. J'ai promis à Pierre de prendre soin de moi, de faire tout ce que je peux pour retrouver la santé, de me reposer suffisamment, de me nourrir convenablement.  Bref je voudrais être en forme avant de devoir affronter la chimio dans quelques semaines.

jeudi 7 août 2014

Pellenberg rend visite à Gasthuisberg / Pellenberg bezoekt Gasthuisberg





Emilie prend la relève et écrit/ Emilie lost ons af en schrijft:
2014-08-06

Bonjour à tous! Les parents étant en vacances en montagne (à Pellenberg et Gasthuisberg), la fifille prend le relais ces prochains jours pour vous tenir au courant de leurs nouvelles. Maman est rentrée à l'hôpital hier et se fait opérer ce matin à 9h30. Après une bonne dose de Reiki donnée par des amies et qu'elle se donne à elle-même, maman se sent assez en paix et prête à affronter l'opération. Merci de bien continuer à lui envoyer toute votre bonne énergie et vos pensées positives! Dès que j'en sais plus sur le déroulement de l'opération, je vous tiens au courant.

Hallo iedereen! Aangezien de ouders op vakantie zijn in de bergen (de ene in Pellenberg en de andere in Gasthuisberg) neemt de dochter het de volgende dagen even over om jullie op de hoogte te houden van hun laatste nieuwtjes. Mama is gisteren opgenomen in het ziekenhuis en wordt deze ochtend om 9u30 geopereerd. Na een goede dosis Reiki te hebben ontvangen van vriendinnen en die ze zich zelf heeft toegediend voelt mama zich rustig en klaar om de operatie aan te gaan. Alvast bedankt om haar jullie goede energie en positieve gedachten te blijven sturen! Zodra ik meer weet over hoe de operatie is verlopen houd ik jullie op de hoogte.

L'opération de maman s'est bien passée. Comme prévu, on lui a enlevé le sein gauche, mais on n'a pas dû lui enlever de ganglions. La première étape est franchie. Maman est contente que l'opération soit passée. Elle était encore fort fatiguée et avait des nausées à certains moments. Heureusement, les infirmières sont prêtes à lui donner tout ce qu'il faut pour qu'elle se sente le mieux possible. A demain pour plus de nouvelles. (Alerte spoiler: les deux montagnes vont se réunir!)

De operatie van mama is goed verlopen. Zoals verwacht werd haar linkerborst helemaal weggenomen en zijn er geen lymfeklieren verwijderd moeten worden. De eerste fase ligt achter de rug en mama is er blij om. Ze voelde zich nog erg moe en was soms misselijk. Gelukkig stonden de verpleegsters klaar om alles te doen en te geven zodat ze zich zo goed mogelijk voelde. Tot morgen voor meer nieuws! (Spoiler alert: de twee bergen gaan herenigd worden!)

2014-08-07





Bonsoir tout le monde! Comme vous pouvez le voir sur les photos, la réunion entre Pellenberg et Gasthuisberg fut un moment magique. Papa s'est habillé en civil (il porte habituellement un short et un t-shirt) et était tout content comme un adolescent qui se prépare pour son premier rencart. Maman se sentait nettement mieux aujourd'hui. Elle était encore un peu sans énergie, mais n'était plus nauséeuse et elle pouvait manger normalement. Nous remercions les infirmiers et infirmières de UZ Gasthuisberg et UZ Pellenberg pour leur gentillesse, leur amabilité, leurs bons soins et leur sollicitude.

Goedenavond iedereen! Zoals jullie het op de foto's kunnen zien was de hereniging tussen Pellenberg en Gasthuisberg een magisch moment. Papa heeft zich mooi aangekleed (hij draagt normaal gezien enkel een short en een t-shirt) en was zo opgewonden als een tiener die zich klaarmaakt voor zijn eerste afspraakje. Mama voelde zich een stuk beter vandaag. Haar energie was nog wat aan de lage kant, maar ze was niet meer misselijk en kon normaal eten. We bedanken de verplegers en verpleegsters van UZ Gasthuisberg en UZ Pellenberg voor hun liefheid, hun vriendelijkheid, hun goede zorgen en hun bekommernis.

2014-08-08



Le deuxième rancart s'est aussi bien passé que le premier, voire mieux. Papa a eu un peu plus de temps près de maman, ce qui leur a fait du bien à tous les deux. Maman va un peu mieux tous les jours, la douleur de sa plaie diminue. Elle a également eu la bonne nouvelle que la biopsie du ganglion sentinelle est revenue négative. Il n'y a donc pas de cellules cancéreuses qui l'ont atteinte et elle ne devra donc pas subir une autre opération. Le traitement de chimio est préventif et commencera dans environ 5 semaines. Maman est donc officiellement libre de cancer.
Du côté de papa, bien que la mobilité dans ses jambes est toujours absente, il commence à sentir que la limite d'insensibilité au niveau du ventre commence à descendre. Il parvient à sentir jusqu'à deux à trois centimètres en-dessous de son nombril maintenant.
J'aime des journées comme celle-ci où je peux vous raconter des bonnes nouvelles ;-) 


De tweede date is evengoed verlopen als de eerste, en zelfs beter. Papa heeft wat meer tijd gehad bij mama, wat hen beide goed heeft gedaan. Mama gaat elke dag wat beter, de pijn van de wonde vermindert. Ze heeft vandaag ook het goede nieuws gehad dat de biopsie van de sentinel-lymfenklier negatief is teruggekomen. Er zijn dus geen kankercellen zo ver geraakt en ze zal geen tweede operatie moeten ondergaan. De chemokuur die ze gaat krijgen is preventief en zal binnen ongeveer 5 weken starten. Mama is dus officieel kankervrij.
Wat papa betreft, hoewel hij zijn benen nog altijd niet kan bewegen begint de limiet van gevoel te zakken. In het begin kon hij niets vanaf de navel voelen, nu ligt de limiet 2 à 3 centimeter eronder.
Dagen zoals deze waar ik goed nieuws kan vertellen heb ik graag ;-)

 



lundi 4 août 2014

Vacances dans les montagnes / vakantie in de bergen Pellenberg - Gasthuisberg

Hospitalisation mardi, opération mercredi.
Merci pour toutes vos pensées positives!

Opname dinsdag, ingreep woensdag.
Bedankt voor al jullie positieve gedachten!